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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode3

Publié par Catherine Barcelonne sur 26 Novembre 2018, 15:42pm

Catégories : #littérature

Il sortit du dortoir, respira l’air pur à pleins poumons et s’installa tranquillement sur les marches en bois. Offrant son visage aux pâles rayons hivernaux, il attendit Agus tout en se remémorant les faits et leurs implications. Bientôt, le prince émergea à son tour, la mine pensive.

— Allons manger un peu et recoupons nos informations. Je connais ce regard brillant et j’en conclus qu’une fois de plus le nain a plus de chance que le géant…

Le repas terminé, ils en étaient arrivés à débattre des choix et options envisagés. Eggi, que l’anatomie disgracieuse faisait passer trop souvent pour un simplet, possédait une intelligence hors norme, ainsi qu’un humour des plus potaches. Mais pour son frère de lait le prince, il représentait avant tout l’amitié, la fidélité et l’honnêteté.

— Avant que tu ne dises une bêtise aussi grande que toi, j’aimerais synthétiser les faits : l’ennemi que nous combattons est un insecte géant, quasiment invincible par les armes conventionnelles, et en nombre très largement supérieur au nôtre. Son point faible : le feu. Il faut fabriquer des flèches incendiaires, des catapultes et des tonnes de poix.

— Tu oublies, petit bonhomme pressé, que nous n’aurons jamais le temps d'amasser tout ceci. Je vais néanmoins dépêcher des coursiers pour avertir le roi et en préparer le plus possible. Il nous manque des informations majeures. D’où viennent ces monstres, combien sont-ils ? Comment communiquent-ils ? Si je me base sur leur nature entomologique, je suppose qu’ils peuvent se reproduire à grande vitesse et en grand nombre. Une fois que notre stock de poix sera utilisé, nous serons perdus. Il nous faut un soutient magique et des réponses que seule une sorcière pourra nous fournir. Nous devons trouver Cai.

Après un repos succinct, ils enfourchèrent leurs montures et reprirent la route de l’est. Plus ils progressaient plus la froide humidité augmentait. Durant quatre heures ils avancèrent promptement, tout en devisant amicalement. Ils ravivèrent leurs souvenirs d’enfance, réalisant une fois de plus que leur perception individuelle du même fait n’engendrait pas forcément une histoire identique. La discussion glissa doucement vers le but de leur voyage. Et ce fut Eggi, curieux de connaître les motivations profondes de son compagnon, qui ouvrit le débat.

— Si nous parvenons à traverser ces maudits marais sans perdre notre vie ou notre âme, comment sauras-tu trouver la sorcière ? Je dois t’avouer que je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux à tout prix côtoyer un être aussi dangereux et versatile.

— De toute évidence, ces monstres sont issus des enfers. Je me borne à suivre les préceptes les plus élémentaires, « l’acier contre l’acier, la magie contre la magie ». Et qui d’autre est plus à même de contrer ces abominations qu’une puissante sorcière ?

Le nain, pas tout à fait convaincu, renchérit, tout en se trémoussant sur sa selle, car même si cette dernière avait été fabriquée sur mesure, le garrot de son cheval l’obligeait presque à faire le grand écart.

— Ne t’est-il pas venu à l’esprit que cette horrible ensorceleuse pourrait être à l’origine de cette invasion ? Après tout, après avoir assassiné ta mère elle a été bannie et vit seule au milieu de ces marais lugubres, puants et létaux. Elle aurait bien des raisons de vouloir la mort de son beau frère et de tout Thildania.

 Remontant le col de son manteau afin de se protéger de l’humidité de plus en plus pénétrante, le prince jeta un coup d’œil pensif vers le ciel gris qui semblait descendre les écraser.

— Je connais l’histoire. J’avais quatre ans aux moments des faits et chéris les souvenirs si précis de cette époque. Nous vivions heureux et ma mère était la femme la plus enjouée que j’ai rencontrée. Je garde en mémoire ses prunelles pétillantes, et ses grandes robes qu’elle aimait faire tournailler, j’entends son rire cristallin qui résonnait partout et tout le temps dans les couloirs du château. J’arrive même à sentir son parfum où dominaient la lavande et le jasmin. Paradoxalement, alors que je sais pertinemment que Cai a assassiné sa sœur, mes souvenirs la concernant ne sont que joie et bonheur. Elle incarnait à mes yeux, je crois, la sagesse et le calme. Mais quand je réfléchis, jamais je ne les ai vu se disputer, il existait une réelle complicité entre elles. Lorsque ma mère est morte, un immense vide est apparu au milieu de ma poitrine. Mais la perte de ma tante fut tout aussi douloureuse. À l’époque je ne comprenais pas pourquoi on m’enlevait celle qui aurait tant pu me consoler. Plus tard, on m’expliqua les évènements, et j’en fus bouleversé, car je n’arrivais pas à intégrer le fait que cette femme, si douce en apparence, soit si retord et perverse. Avec les ans, j’ai appris que les hommes n’étaient pas toujours ce qu’ils paraissaient être. Alors bien sûr mon ami, elle peut être l’instigatrice d’une odieuse vengeance, et si c’est le cas, je le découvrirai et je la tuerai. Mais si elle n’est pour rien dans l’apparition de ces monstruosités, elle seule peut sauver Thildania et ma sœur.

Dardant son regard vers leur destination, Eggi fut saisi d’un mauvais pressentiment. Devant eux le ciel rejoignait la terre. Il ne pouvait distinguait la différence entre l’épaisse brume qui s'élevait du sol et les nuages grisâtres qui cachait complètement le soleil. Quelques arbres effeuillés semblaient au loin tendre leurs branches décharnées pour le convaincre de faire demi-tour. Déglutissant bruyamment, il se donna du courage en entonnant une ballade harmonieuse dont il avait le secret. Mais Agus stoppa sa monture. Le nain n’aurait su dire si son ami s’était aperçu de sa frayeur ou si le tacticien qu’il était avait analysé la situation.

— Nous camperons ici ce soir. La nuit va bientôt tomber et il ne serait pas prudent de s’enfoncer dès à présent dans les marais. Espérons que demain, le soleil dégagera ces maudits nuages.

Ils dressèrent donc leur bivouac à l’orée paludéen. Attaqués par une myriade de moustiques dès qu’ils posèrent pied-à-terre, ils s’empressèrent d’allumer un feu. Le repas vite mangé, ils s’enveloppèrent dans leurs épaisses couvertures et dormirent à tour de rôle aux sons étranges des chants batraciens et de cris rauques inconnus.

 

 

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