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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode 4

Publié par Catherine Barcelonne sur 5 Décembre 2018, 22:19pm

Catégories : #littérature

 

Quand l’aube se leva, Eggi s’aperçut que le soleil ne parviendrait pas encore à percer le voile nébuleux qui tapissait le marais. Soupirant, il se hissa sur sa jument dont il flatta l’encolure afin de calmer son inquiétude. Il précéda son ami et maître, et tous deux s’engagèrent sur le sentier tourbier. Ils n’avaient pas fait cinq pas que les chevaux hennirent de frayeur. Sous leur poids trop important, la sphaigne avait cédé enlisant leurs pattes jusqu’aux genoux. Prestement, Agus sauta de son étalon et tira sur les rênes pour l’aider à s'en extirper. Le nain l’imita, plus lentement pour ne pas chuter dans les eaux stagnantes. Sa petite jument, plus légère, fut néanmoins la première à s'extraire du bourbier. Ils firent marche arrière tout en calmant les équidés par de douces paroles murmurées. Le grand pur-sang gagna le sol ferme d’un seul bon, tandis que la haquenée d’Eggi posait un sabot après l’autre avec maintes précautions. Ce dernier l’encourageait.

— Allez ma belle, plus que deux mètres et tu seras sortie d’affaire.

Il termina sa phrase par un cri d’effroi. Une chose gluante avait émergé des eaux sombres et remontait le long de la patte arrière de sa jument. Agus dégaina sa dague et se précipita sur l’invertébré. Avant qu’il ne le tranche en deux, la créature eut le temps d’ouvrir une large gueule, dévoilant trois rangées de crocs pointus et acérés, qu’elle planta avidement dans la croupe du pauvre herbivore. Celui-ci se cabra sous l’effet de la douleur et partit dans un galop affolé, ruant de-ci de-là pour tenter de détacher le parasite. Même coupé en deux, celui-ci maintenait sa prise. Quelques instants plus tard, Eggi vit sa douce Rosy ralentir, puis s’effondrer. Le nain s'élança vers sa fidèle jument, courant aussi vite que le permettaient ses courtes jambes. Le prince arriva avant lui et attendit son ami, agenouillé près de l’animal. Au regard plein de compassion qu’il lui lança, Eggi comprit que la situation était grave. Une larme perla aux coins de ses yeux lorsqu’il prit la parole, tout en tirant son couteau afin de détacher la bestiole.

— Rosy est empoisonnée. Cette espèce de sangsue ne l’a pas seulement mordue. Les spasmes qui la secouent sont dus à du venin. Enlever cette chose ne servira à rien. L'unique issue est la mort. Mais je n’ai pas le courage d’abréger ses souffrances.

— Laisse-moi faire ça pour toi.

Avec une infinie douceur, Agus prit le couteau de son ami et alla se positionner derrière le crâne du pauvre animal.

Maintenant les larmes roulaient abondamment sur les joues d’Eggi, qui ne pouvant plus dire un mot, assentit par un hochement de tête. Le nain vint se placer à l’encolure de sa jument, la caressant et lui murmurant des paroles d’adieu. Il avait une confiance totale dans l’habileté de son frère de lait. Le crâne transpercé, Rosy, dans un dernier spasme, expira une ultime fois. Le prince savait l’attachement qui liait son ami à sa monture. Il le laissa la pleurer et alla s’occuper de son destrier.

Quand Eggi le rejoignit, les yeux rougis, il portait son sac à dos qu’il avait rempli des choses nécessaires.

— Maudit marais ! Maudite guerre ! Maudite sorcière ! Je la trancherai en menus morceaux et les jeter en pâtures à ses monstres de compagnie.

— Je suis désolé. Je sais combien tu aimais ta jument, mais j’ai une mission à mener à bien et nous devons partir maintenant. Te sens-tu capable de traverser à pied ?

— N’envisage même pas une seconde de m’abandonner sur le sol sec ! Je viens de perdre ma Rosy et je compte te protéger du mieux que je peux ! Prenons chacun une torche, le feu tiendra les bêtes à distance.

En silence, ils s’engagèrent donc pour la seconde fois sur le sentier détrempé. Ils se déplacèrent lentement, à l’affût du moindre bruit, du moindre frémissement de l’eau stagnante. Eggi avait décidé d'ouvrir la marche, et le prince lui avait laissé ce privilège, se disant qu’il pourrait ainsi plus secourir son ami s’il était dans son champ de vision. Au chaque clapotis, ils tendaient leurs torches vers l’onde et pouvaient parfois distinguer la forme serpentine d’une écœurante créature. Ils avaient vite remonté leur cache-poussière, mesure peu efficace, mais qui atténuait quelque peu les odeurs acres putrides qui mettait leurs estomacs à rude épreuve. Trempés par la brume, frissonnant de froid, ils persévéraient néanmoins sur les étroits méandres de bousin glissant. Près de quatre heures s’écoulèrent ainsi, lorsqu’ils débouchèrent sur une surface plus grande, plantée en son centre d’un arbrisseau chétif. Fatigué par cette marche périlleuse qui avait mobilisé toute leur attention, cet îlot leur parut salvateur. Alors qu’Eggi, immobile, fixait d’un regard hagard les branches grêles et nues du baliveau, Agus se mit en quête de tourbe plus sèche. Quand il en eu amassée une quantité suffisante, il sortit un peu d’amadou qu’il coinça entre son pouce et son silex. Puis il frappa le tout de son briquet d’acier. Très rapidement le champignon s’embrasa et rejoignit les sphaignes déshydratées. Il s’employa dès lors à souffler sur les maigres braises jusqu’à ce que quelques flammes jaillissent de cette épaisse fumée malodorante. Satisfait, il se délesta de son arc et se tourna vers son compagnon pour l’inviter à prendre quelque repos au chaud. Eggi avait sorti son couteau et pointait l’arme vers l’arbre efflanqué.

— Vous n’êtes qu’une abomination de la nature ! Vous avez tué ma douce Rosy et vous allez le payer au centuple !

Joignant le geste à la parole il enfonça le fer dans le tronc rabougri. N’ayant pas la même consistance qu’un être de chair, les fibres végétales bloquèrent la lame, obligeant le nain à tirer de toutes ses forces pour l’en détacher.

À la vue de ce spectacle déroutant, le prince se précipita vers son ami.

— Eh, arrête de malmener le seul arbre du coin ! Eggi, tu m’entends ?

Mais ce dernier n’écoutait pas. Le regard haineux, un pied contre le tronc, il s’évertuait à libérer son couteau tout en marmonnant les pires insultes qu’il connaissait. Agus, alarmé par l’attitude de son compagnon se plaça dans son dos et le ceintura. Les forces étant inégales, Eggi lâcha son arme, mais commença à donner des coups de pieds et de têtes qui n’avaient aucune chance de meurtrir le colosse.

— Sale vermine, vous envoyez vos sbires pour me tuer. Vous n’êtes même pas capable d’affronter un nain sans votre magie ! Soyez maudite, démone !

Et il perdit connaissance. Le prince allongea le corps inerte près du feu. De plus en plus alarmé, il posa une main fébrile sur le front de son compagnon et constata qu’il était brûlant.

— Eggi, ne me lâche pas !

Il se mit en quête d’une morsure, mais il n’en décela aucune. D’habitude, il se tournait toujours vers son conseiller érudit, mais à présent, il devait seul trouver la solution pour le sortir de là. Tout en berçant le malade, il s’exhorta à réfléchir, mais l’anxiété brouillait ses pensées, et il ne parvenait pas à raisonner.

— Bon sang Eggi, revient à toi ! Je ne sais pas quoi faire ! Je suis un soldat pas un médecin ! C’est toi qui connais toutes les plantes et leurs vertus ! Eggi réveille toi !

Les larmes aux yeux il secoua le nain dans l’espoir incongru de faire baisser la température ou de le sortir de son coma. Mais rien ne se passa. Atterré, Agus hurla sa colère et sa frustration.

— Cai, Cai, j’ai besoin de toi ! Cai, Cai, vient sauver mon frère !

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