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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode 5

Publié par Catherine Barcelonne sur 15 Décembre 2018, 14:53pm

Catégories : #littérature

Comme si le nom prononcé avait convoqué les enfers, des milliers de sangsues-serpents apparurent sur les bords de la berge. L’eau semblait bouillonner sous l’effet des ondulations des invertébrés. Les sifflements de ces choses vrillaient les tympans, mais Eggi ne se réveillait toujours pas. Une seconde, Agus envia son ami inconscient. Au moins, lui aurait une mort douce !

Mais les prédateurs n’avançaient pas. Ils se contentaient de fixer les deux humains tout en maintenant leur stridence. Soudain ils se turent et une voix monta de toute part, comme sortie des enfers.

— Agus, prince de Thildania. Tu viens me déranger dans ma retraite et tu importunes mes compagnons. Tu oses me quémander de l’aide alors que tes desseins envers moi sont obscurs !

— Ma tante, je t’en supplie, sauve mon ami qui est innocent ! 

Un rire d'outre-tombe éclata dans le morne ciel grisâtre.

— Tu clames tenir à lui, mais jusqu’où est tu prêt à aller pour le secourir ? Consentirais-tu de sacrifier ta vie pour le voir vivre à nouveau ?

Agus s'apprêtait à accepter lorsqu’une évidence le frappa. S’il se dévouait, Eggi en réchapperait. Mais sa mort entraînerait celle de millions d’êtres qui succomberaient dans d’atroces souffrances. Et elle rattraperait bien vite son ami.

Agus serra plus fort son compagnon, continuant à le bercer tout en pleurant.

— Pardonne moi mon frère, c’est avec joie que j’aurais donné ma vie pour sauver la tienne. Mais mon oblativité ne servirait à rien à moyen terme. Il faut donc que je renonce à toi pour pouvoir aider le plus de gens.

Avec une tristesse infinie, il déposa un baiser sur le front du nain, puis l’allongea sur sa couverture.

— Cai, tu veux du sacrifice, et bien te voilà comblée ! Celui d’Eggi, nain par la taille, grand par le courage la générosité et l’intelligence, te plait-il ?

Le ciel sombre s’évapora en même temps que le sifflement des prédateurs aquatiques. La tourbière se mua en un instant en une vaste prairie, et l’arbre décati se para de milliers de feuilles vert tendre. De l’autre côté du feu se tenait une femme d’une soixantaine d’années. Agus recula de stupeur et chercha à tâtons son arme sans quitter l’apparition des yeux. Médusé par le changement de décor, il ne s’aperçut pas que la respiration d’Eggi était plus ample et régulière.

Ne trouvant pas sa dague, il se munit de son silex avec la ferme intention de s’en servir comme projectile au moindre signe d’attaque.

— Bonjour Agus. Comme tu as grandi ! Je t’ai laissé petit garçon et je te retrouve homme fait !

La voix était douce et s’harmonisait avec la fine silhouette drapée d’une bure couleur anis. Le neveu reconnut immédiatement sa tante, dont les traits étaient gravés dans sa mémoire d’enfants. Quelques rides aux coins des yeux et l’argent de sa chevelure attestaient néanmoins des années passées. Eggi choisit ce moment pour amorcer de sonores ronflements. Le prince toucha le front du malade, et s’apercevant qu’il était frais, commença à bousculer le nain. Ce dernier se réveilla en sursaut.

— J’ai fait un horrible cauchemar, nous étions dans les marais et Rosy était morte, tuée par….

Il ne termina pas sa phrase, car de toute évidence, il se trouvait dans un endroit totalement inconnu. Agus, tout à sa joie de miraculeusement retrouver son ami en pleine forme, en oublia l'existence de Cai et écrasa littéralement le petit homme contre son torse. La voix cristalline de la sorcière interrompit cependant leur gaité. Déstabilisés par des évènements si paradoxaux et incohérents, les deux jeunes gens se tournèrent vers la présence tangible de l’instant.

— Messire Eggi, je suis enchantée de te revoir, et heureuse de vous savoir ensemble. Il m’a fallu bien batailler à l’époque pour qu’on vous assigne la même nourrice, mais je m’aperçois que mes efforts ne furent pas vains !

Ne comprenant toujours rien, mais se souvenant de son cauchemar, le nain fut d’un bond sur ses courtes jambes, tendant un doigt accusateur vers cette femme qui se montrait trop gentille à son gout.

— Où est ma Rosy ? Qu’est-ce que cette mascarade ? Il y avait un marais infesté d’horribles sangsues puantes, et maintenant, je foule une herbe verte et grasse ! Est-ce encore un de vos maudits sortilèges ? Agus, ne bougeons pas ! Peut-être qu’elle nous fait croire qu’on est sur la terre ferme. Nous marcherions trois mètres et nous retrouverions au milieu de l’eau croupie, à être mangé vivant sans s’en apercevoir !

Un voile de tristesse passa dans le regard de Cai. Elle avait conscience de la désorientation de ses hôtes, mais ne s’attendait pas à autant d’hostilité de leur part.

— Ta jument bien aimée se porte comme un charme et broute paisiblement à une centaine de mètres d’ici. D’après vos mines déconfites, je me vois dans l’obligation de vous fournir quelques explications. Mais je préfère le faire autour d’un bon repas. Il y a si longtemps que je mange seule.

A suivre....

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