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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode 6

Publié par Catherine Barcelonne sur 23 Décembre 2018, 10:05am

Catégories : #littérature

Sur ces mots, Cai se retourna pour saisir un panier de pique-niques. Les deux hommes, toujours hébétés, n’auraient su dire s’il était apparu à l’instant, ou s’il s’agissait encore d’un tour de magie. La sorcière, feignit de ne rien voir du désarroi des ses invités, distribua couverts et assiettes, qu’elle rempli de copieuse parts de quiche. Sans mot dire, tels des automates, le nain et le prince gardèrent la tarte sans y toucher. L’éveil des papilles les ramena instantanément à la conscience. Le regard maintenant vif et alerte, ils le dardèrent sur leur hôte sans toutefois entamer leur repas somme toute appétissant. De son côté, Cai, satisfaite de cette saine réaction continua son récit.

— Après mon bannissement, le sport national en Thildania fut la chasse à la sorcière. Nombreux furent les chevaliers désœuvrés, les aventuriers en quête de reconnaissance ou les simples fermiers attirés par l’appât du gain qui tentèrent leur chance. Les marais existent bel et bien, mais ils se situent plus à l’est. Je me suis installée ici, mais lasse d’être poursuivie, j’ai créé un mirage. Quiconque veut me trouver se retrouve piégé dans ce bourbier hallucinatoire et vit des expériences horribles. La plupart des candidats se dépêchaient de rentrer bredouille, invoquant la puissance maléfique de la démoniaque sorcière que j'incarnais. Ces boniments eurent deux effets. Les gens commencèrent à me craindre et me laissèrent tranquille, mais ils confirmèrent aux sceptiques que j’étais bien l’abominable harpie qui avait tué leur reine. Comme je te l’ai déjà dit, ta jument se porte comme un charme. Au lieu de planter le couteau dans sa nuque, Agus l‘a enfoncé dans une souche moisie.

Eggi, qui avait retrouvé toute la vivacité d’esprit analysa la situation et posa la question qui logiquement lui vint en tête.

— Pourquoi partager votre secret avec nous ? Je ne suis pas sorcier, mais j’ai beaucoup étudié cette pratique. Et je sais que lorsqu’un charme est rompu, il ne peut plus toucher à nouveau le destinataire. Si nous concluons à votre culpabilité quant à l’invasion, nous pourrions nous enfuir, répandre la nouvelle de votre stratagème et lever une armée pour vous tuer.

— Tu oublies, petit homme, que je ne l’ai momentanément annulé que pour vous deux. Si une troupe arrivait dans cette clairière, même mise au courant du leurre, elle vivrait des tourments semblables aux vôtres. Combien s’en sortiraient sain d’esprit ? Je me dévoile aujourd’hui à vous, car j’ai senti de l’indécision chez Agus. Et je sais qu’il reste de l’affection dans son cœur pour sa tante. Mais à votre tour de répondre à mes questions. Tout d’abord pourquoi êtes-vous ici, et qui vous attaque ?

Le prince choisit l’honnêteté et relata tous les faits depuis l’invasion des monstres. Quand il eut terminé, il regarda Cai dans les yeux en lui demandant la vérité.

— Soit tu es à l’origine de ces abominations, et nos heures sont comptées. Soit tu n’es pour rien dans ce déferlement démoniaque et tu peux peut-être nous aider.

La sorcière éclata d’un rire sans joie.

— Hélas, mon cher neveu, même si je le voulais, je suis assignée à résidence dans cette belle prairie. Autrefois j’aimais tant te raconter une histoire avant que tu ne t’endormes ! Aujourd’hui, pour rattraper le temps perdu, je vais t’en narrer deux. Ou plutôt, d’un fait tu découvriras deux versions. Une heure après la naissance de Darunee, ta mère, ma sœur, meurt dans de mystérieuses circonstances. Voici le premier récit, celui que tout le monde connait plus ou moins :

En Thildania, un heureux évènement se préparait. La première dame devait donner un second héritier à Thildania d’ici quatre mois. La magicienne Cai, jalouse de ne pas être reine à la place de la reine, profita de ce qu’elle se trouvait seule avec elle, pour mener à bien son forfait. Elle ferma le verrou de la chambre et ensorcela la pauvre malheureuse. Les hurlements de la souveraine alertèrent les femmes de compagnies, qui devant la porte close allèrent quérir la garde. Mais lorsqu’enfin ils purent accéder à la pièce, ils découvrirent un hideux spectacle. La sorcière, maculée de sang enserrait sa sœur en marmonnant de démoniaques incantations. Plus loin sur le lit rougi reposait un magnifique bébé rose et vagissant à pleins poumons. La peau de la parturiente semblait opaline, tant l’hémorragie était importante. Les soldats séparèrent les deux femmes. Le monarque entra à ce moment-là et se précipita au chevet de son épouse. Sur les champs de bataille, il avait déjà vu le visage de la mort sur bien des hommes, et à cet instant, il sut que sa tendre moitié allait le quitter. Fou de rage, il se tourna vers l’enfant, puis vers sa princesse de belle sœur. D’une voix glaciale, il exigea son exécution, mais la reine lui fit jurer de la laisser tranquille, car le mal ne venait pas d’elle. Quelques heures après Thildania se trouva orpheline. Boran sombra dans un chagrin insurmontable. Il ordonna une enquête et celle-ci incrimina la magicienne. Ne pouvant déroger à sa promesse, il manda les prêtres, seuls à pouvoir résister à la puissance de cette femme. Le jugement fut prononcé en ces termes “Il est acquis que la reine a été assassinée par la princesse Cai. Afin d’honorer ses derniers vœux, à savoir laisser la criminelle tranquille, la sentence de mort est commuée en bannissement. Le lieu choisi se situe dans les terres des marais. Les prêtres sont chargés d’accompagner la coupable et de dresser les barrières magiques suffisantes afin qu’elle ne puisse plus jamais en sortir.”

Un silence pesant s’abattit sur le trio. Cai se retourna vers le panier et en sortit une coupe de fruits ainsi qu’une tarte aux pommes.

— Je suis certaine que maintenant vous aspirez avec impatience à entendre la seconde histoire. Et bien sans plus attendre la voici :

En Thildania vivaient deux sœurs qui s’aimaient. L’aînée se révéla posséder un don d’une puissance considérable. Comme vous le savez, les détenteurs d’étincelle magique sont voués à la prêtrise. Mais la position royale de la princesse lui permit d’apprendre et d’exercer son art en toute liberté, ce qui ne plut néanmoins pas aux responsables religieux. La cadette s’avéra dépourvue de cette disposition, cependant l'élégance, la bonté et l’intelligence compensaient largement ce manque. Lorsque l’âge de se marier vint, Cai refusa catégoriquement d'épouser quiconque, sa condition ne tolérant pas d’union charnelle. Ce fut donc la puînée Favia qui dû choisir le futur souverain de Thildania. Elle tomba sous le charme du prince Boran, un bel homme cultivé et guerrier. À la mort du vieux monarque, Boran et Favia accédèrent à la couronne. Deux ans plus tard naquit de leur amour un petit héritier. Le prénom Agus lui fut attribué et comme s’il le définissait, l’enfant se révéla brillant et bon. La magicienne s’attacha à son neveu autant que s’il était sorti de ses propres entrailles.

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