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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode 7

Publié par Catherine Barcelonne sur 7 Janvier 2019, 11:37am

Catégories : #littérature

Au souvenir de ces jours heureux, la sorcière ne put empêcher une larme de perler aux coins des yeux. D’un geste gracieux, elle l’écrasa et continua

— Ainsi donc, la vie n’était en ce temps-là que joie et paix. Puis vint le jour où la reine retomba enceinte. Tout Thildania était en liesse, car le couple était aimé de son peuple. Mais rapidement, Fabia montra des signes de fatigue. Elle n’était pas malade au sens propre du terme, mais son énergie la quittait au fur et à mesure que les jours et les mois passaient. Les médecins et les prêtres furent impuissants face à la grande lassitude de la première dame. Quant à sa sœur, la magicienne, elle n’avait de cesse de trouver l’origine de ce pernicieux mal. Elle compulsa sans relâche tous les grimoires connus, et en vint à suspecter une influence démoniaque. Elle lança alors des sortilèges de protection, d’autres de revitalisation, mais l’état de sa cadette demeurait stationnaire. Elle restait longtemps prostrée, le regard vide et refusait souvent de s’alimenter sous prétexte que son estomac se révulsait au moindre excès. Au cinquième mois de grossesse, un matin, elle la fit mander et exigea qu'on la laissât seule avec la princesse. Arrivée dans la chambre celle-ci fut épouvantée. La veille encore elle gardait quelques couleurs aux joues. Mais le teint avait viré au gris durant la nuit et elle tenait plus du spectre que de l’humain. Elle se sentait partir de l’autre côté du voile et supplia la magicienne de faire naitre l’enfant qu’elle ne pourrait porter à terme. Cai savait que sa chère sœur ne supporterait pas l’intervention et refusa. Mais Favia lui prit la main et murmura que si ce n’était pas fait, ce seraient deux dépouilles qui seraient enterrées le lendemain. La mère demandait à son aînée de la sacrifier pour que son fœtus ait une chance de vivre, même infime. La magicienne connaissait les incantations nécessaires à la survie d’un nouveau- né prématuré, mais n’avait toujours pas trouvé la cause du mal qui rongeait sa Favia aimée. À l’agonie, celle-ci supplia si fort que, la mort dans l’âme, le visage ruisselant de larmes, Cai abdiqua et sauva l’enfant. Mais les cris de la parturiente alertèrent les servantes, les gardes arrivèrent et découvrirent un lit ensanglanté, une sorcière souillée qui selon eux oppressait la reine. Boran fut anéanti. Il aimait son épouse passionnément et sa disparition dévasta son cœur et son âme. Il s’enferma une journée entière dans la chambre, à bercer le corps sans vie tout en pleurant. Puis la colère fit place au chagrin. Il lui fallait un coupable. Il manda les prêtres et exigea d’en trouver un. Ces derniers furent ravis de désigner la magicienne, cette puissante femme qui avait fait l’affront suprême de bouder leur ordre. Le souverain prononça la sentence de bannissement le jour des funérailles, et sur-le-champ, Cai la désormais sorcière fut escortée dans les marais.

Ces souvenirs mesquins ravivèrent une douleur qui, bien que présente, s’était depuis longtemps assoupie. Un rire cette fois désabusé passa les lèvres de la maîtresse des lieux.

— Ils avaient si peur de la puissance de cette femme, qu’à soixante, ils psalmodièrent des sortilèges d’incapacité et d’entrave durant tout le trajet. Mais la pauvre, elle, n’avait cure de ces freluquets en bure. Elle venait de sacrifier la personne qu’elle aimait le plus pour une enfant qu’elle ne connaîtrait jamais. Qu’avait-elle manqué pour échouer si lamentablement à sauver sa sœur ? Le chagrin et la culpabilité menaçaient sa santé mentale, et seule la pensée de son petit neveu la maintenait en vie. Arrivée à la lisière des marais, la congrégation éleva la barrière magique et la sépara du reste du monde. Pas tout à fait, car dans leur précipitation à se débarrasser de cette rivale, ils invoquèrent un sort qui ne touchait que sa personne. Elle s’aperçut rapidement qu’elle pouvait recevoir des visites, la plupart du temps hostile, mais quelquefois agréable. Aujourd’hui, depuis bien des années, elle ressent presque du bonheur.

Sur ces mots, Cai but une grande gorgée d’eau, laissant ainsi aux jeunes gens le temps d’assimiler la portée de ses paroles.

Oubliant que peut-être le décor n’était qu’un leurre, Agus se leva et fit les cent pas. Il ne tomba nullement dans les ondes fétides qu’ils avaient traversées. Eggi, quant à lui, fixait la magicienne d’un regard songeur. Il analysait à toute vitesse les deux versions. Il connaissait l’officielle depuis son plus jeune âge, et bien souvent avait laissé trainer une oreille indiscrète dans les cuisines. Ragots et extrapolations allaient bon train, mais il ne se souvint pas avoir jamais entendu une médisance sur un sombre trait de caractère de la sorcière.  

— Nous sommes venus pour rien, car si nous retenions la seconde interprétation, comment pourriez-vous nous aider coincée dans ces marais. D’ailleurs où sont-ils ?

— Je suis piégée, mais mon pouvoir est intact. C’est grâce à lui que j’ai pu assécher aux fils des ans une partie de ce cloaque. Et pour répondre à ta première question, seul le roi peut décider d’annuler le sortilège de contention. J’en connais les mots, mais je crains que Boran ne les prononce jamais tant que ma culpabilité reste son unique rempart contre le chagrin. Parfois, la colère est plus confortable que le désespoir.

Agus se rapprocha de sa tante et lui prit la main.

— Eggi possède une intelligence hors norme. Il a maintes capacités, dont celles de l’observation et de l’analyse. Quant à moi, je me fis à mon instinct qui ne m’a quasiment jamais fait défaut. Et il me dit à cet instant que vous êtes une bonne personne. Hélas, sans votre présence rien ne pourra arrêter ces monstres, et nous sommes perdus !

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