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Entrez dans mon univers à travers ce blog qui vous fera découvrir mes nouvelles, des extraits de mes livres remplis de fantaisie et fantasy, ainsi que mes coups de coeur littéraires. Tout d’abord je vous remercie de partager avec moi cette nouvelle aventure. Bien entendu, si j’ai créé ce blog, c’est en premier pour faire connaître mes travaux. Aussi je vous invite à partager mes posts sans modération… Mais j’aimerais surtout qu’il soit convivial et attrayant. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.


THILDANIA épisode 9

Publié par Catherine Barcelonne sur 26 Janvier 2019, 11:13am

Catégories : #littérature

Et voici le dénouement....N'hésitez pas à commenter cette fin!

Quand enfin ils atteignirent les portes du palais, Darunee se tenait en haut des marches pour les accueillir. Agus sauta de selle et tendit les rênes au soldat le plus proche. Eggi descendit, suivi de Cai toujours invisible. Ils grimpèrent les hauts escaliers pour rejoindre la princesse qui affichait un sourire bienveillant. À quelques degrés de sa sœur, Agus sentit une pression sur son bras et un murmure parvint à ses oreilles.

— Ne t’avance pas plus, le mal est devant toi.

Agus, stupéfait par cette abominable calomnie observa sa douce Darunee. Et ce qu’il vit le fit frémir malgré lui. Le regard dur, le sourire si avenant se fit rictus et lorsqu’elle ouvrit la bouche, ce fut d’une voix glaciale qu’elle s’adressa à lui.

— Tu es revenu pour me sauver, mon cher frère. Mais comme tu peux le remarquer, je n’ai aucun besoin de ta naïve personne. Mon armée arrive et si tu étais resté dans les marais avec la vieille sorcière, je t’aurais peut-être épargné. Mais comme d’habitude, tu n’en as fait qu’à ta tête. Maintenant je vais devoir te tuer. Et ton horrible nabot aussi ; il m’a toujours déplu avec ses courtes jambes et sa langue trop bien pendue !

Une flèche siffla en direction de la possédée. Sans même la considérer, elle fit un geste de la main et le projectile changea de direction pour s’écraser contre un mur. Elle resserra alors ses doigts et tourna le poing. L’archer tomba raide mort. Un rire démoniaque sortit de gorge. Avec contentement, elle observa le roi.

— Je lis de la stupeur dans ton regard débile ! Eh oui, je ne suis pas cette pauvre, douce et sotte orpheline que tu t’es évertué depuis toutes ces années à protéger et à cajoler. Tu ne peux pas t’imaginer comme toutes tes gentilles attentions m’insupportaient ! Mais patiemment, après avoir tué le réceptacle de ma nouvelle enveloppe, j’ai attendu le moment propice à l’attaque de mon armée ! Je savais que ces pleutres de prêtres me désigneraient comme la coupable ! Mais fidèles à leurs œillères, ils n’ont rien compris à l’oracle, et au lieu de me pointer comme la responsable, ils m’ont positionnée en victime. Il allait falloir sacrifier la petite princesse. Là encore, la chance me sourit ! Le valeureux Agus s’empressa de partir chercher une solution à l’autre bout du royaume, me laissant le champ libre pour me débarrasser du vieux bougre qui commençait d’ailleurs à nourrir quelques soupçons. Mais voilà que tu reviens, en endossant le titre qui aurait dû m’appartenir ! Mon cher frère, tu me contraries beaucoup, et ça n’est pas bon pour toi !

Elle pointa l'index vers lui et mima une strangulation. Agus se mit à suffoquer.

Mais Cai s’interposa et dévoila son identité. Surprise, Darunee perdit sa concentration et l’emprise magique qu’elle avait sur le nouveau roi. Un combat acharné débuta alors entre les deux sorcières. Les deux femmes s’affrontèrent à coup d’éclairs rougeoyants et bleu saphir, mais aucun ne portait réellement. Elles s’avéraient d’une égale puissance. D’une main invisible, Darunee tenta de broyer le larynx de sa tante. Après un instant de suffocation, celle-ci se dégagea de l’étau mortel et fourragea de la même manière les entrailles de son adversaire. La princesse démoniaque se plia en deux sous le coup de la douleur, un filet de sang perlant à la commissure des lèvres. Mais elle se redressa presque aussitôt, leva les bras et dans un hurlement inhumain, abattit les pierres du mur sur sa rivale. Eggi tira son ami hébété hors de danger tandis que les archers tentaient sans succès d’atteindre la traitresse. Sortant des décombres, Cai épousseta tranquillement sa bure, mais Darunee s’engouffra à l’intérieur de la bâtisse. Les spectateurs suivirent la progression des deux combattantes grâce aux éclairs qui jaillissaient des ouvertures. Elles montaient toujours plus haut et bientôt tous aperçurent deux silhouettes s’affronter sur terrasse la plus élevée du palais. Sous l’effet de la magie, le ciel s’était obscurci et les fulgurations colorées crépitaient en tout sens. Par moment des pans entiers de pierres se détachaient, broyant les soldats qui s’étaient un peu trop rapprochés des escaliers. Soudain, Agus vit basculer une forme du haut de la tour. Dans un bruit sourd, sa sœur s'écrasa presque à ses pieds. Il vint s’agenouiller près du corps sans vie, mais ne reconnut pas les doux traits de sa parente. Un rictus haineux restait affiché sur le visage intact de celle qu’il avait toujours pensé pure et innocente. Un poignard de cristal était planté dans le cœur de la diabolique magicienne. Levant les yeux au ciel, il se releva promptement et courut vers la terrasse. Il avala les centaines de marches sans interruption, appréhensif quant à l'état de sa tante. Après ce qui lui parut une éternité, il déboucha enfin sur la plateforme. Sa gorge se serra quand il découvrit le spectacle macabre devant lui. Il se précipita vers l’endroit où gisait Cai. Sur son flanc, il pouvait voir apparaitre ses côtes carbonisées, mais la magicienne restait en vie. Elle tourna un regard plein d’amour vers celui qu’elle chérissait comme son propre enfant.

— Pour une fois, l’oracle de ces pantins religieux n’était pas si dénué de vraisemblance. Je suis de sang royal et tu avais raison, j’étais la seule capable d’affronter Darunee. Mais j’ai failli à protéger les gens que j’aimais. Jamais je n’ai pensé qu’elle put être à l’origine de la mort de ma sœur. Boran avait également vu juste, je fus en quelque sorte coupable en sauvant l’enfant plutôt que la mère.

Elle ne put continuer à parler, car la douleur devint intolérable. Agus, qui la tenait dans ses bras, laissait les larmes couler sur ses joues terreuses.

— Un détail que vous oubliez, ma tante, est que la personne qui mettrait fin aux exactions de ce démon possédait un cœur pur. Vous avez sacrifié votre vie pour préserver ceux qui vous avaient punie si durement depuis si longtemps, sans même penser à votre propre salut. Je vous en serai éternellement reconnaissant et sachez que je vous aime comme un fils.

Un sourire s’afficha sur le visage exsangue de la magicienne qui, entendant ces mots expira une dernière fois, de bonheur.

Quelques jours plus tard, des soldats romians vinrent annoncer que les monstres étaient anéantis. Ils relatèrent au nouveau monarque qu’alors qu’ils s’apprêtaient à combattre la déferlante insectoïde, les créatures s’immobilisèrent soudain et s’effondrèrent en cendre. Pendant les semaines qui suivirent, le souverain parcourut son royaume revenu à la paix. Il fit bâtir des hôpitaux et des résidences pour accueillir les blessés. Il ordonna la réhabilitation posthume de sa tante et  une imposante statue à son effigie se dressa bientôt sur la place centrale du palais. En guis d’épitaphe, une phrase en lettres d’or ornait le socle : « Par son courage et son sacrifice, la magicienne Cai a sauvé l’humanité ».

Alors que le printemps reprenait ses quartiers en parant Thildania des couleurs les plus tendres, un soldat se prélassait dans le parc de l’une des nombreuses résidences. Il agitait un éventail devant son visage, tout en se délassant sous le ciel limpide. Une silhouette perturba la sérénité du convalescent. Son regard se posa sur une petite jument montée par un nain richement vêtu. Lorsque l’étrange convoi fut à portée de voix, l'homme leva l’objet en signe de salut.

— Je vous attendais pour vous rendre ceci !

— Gardez-le en souvenir de notre rencontre. Je ne suis pas venu ici pour réclamer cette babiole, mais pour tenir une parole donnée.

Sur ces mots, la frimousse d’un garçon apparut de derrière le dos d'Eggi. L’orphelin, héros malgré lui sauta de la croupe de Rosy et se précipita vers le manchot. S’enlaçant, heureux de se retrouver, le soldat et le gamin savaient à cet instant qu’ils affronteraient la vie côte la côte.

 

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